Brian Armstrong : les grandes banques voient la crypto comme une menace « existentielle »
Brian Armstrong : les grandes banques voient la crypto comme une menace « existentielle »
La crypto n’est plus un simple sujet d’exploration pour la finance traditionnelle. Elle est devenue une question de survie. C’est le message que Brian Armstrong, PDG de Coinbase, rapporte après son passage au Forum économique mondial de Davos. Selon lui, un dirigeant d’une des dix plus grandes banques mondiales lui a confié que la crypto est désormais la « priorité numéro un » de son établissement, qualifiée sans détour de menace « existentielle ».
Cette déclaration marque un basculement. Là où les banques voyaient encore récemment les actifs numériques comme un marché marginal ou spéculatif, elles les perçoivent aujourd’hui comme une infrastructure concurrente capable de contourner leurs métiers historiques.
Satoshi famously said “If you don't believe me or don't get it, I don't have time to try to convince you, sorry.”Yet somehow I do find myself trying to convince people at times 🙂 Crypto is disrupting the financial system, and it's getting more rare to find true skeptics out… https://t.co/DJJxj4EA6n pic.twitter.com/6VKx7eb7dJ
Brian Armstrong décrit une atmosphère très différente de celle des années précédentes. Les dirigeants de la finance traditionnelle ne cherchent plus à comprendre si la crypto va s’imposer, mais comment s’y positionner. Selon lui, la majorité des banquiers rencontrés à Davos se montrent désormais favorables aux cryptos et tentent activement d’en faire une opportunité stratégique.
Cette urgence s’explique par la montée en puissance des stablecoins et de la tokenisation. Ces technologies permettent de transférer de la valeur, d’émettre des actifs financiers et de régler des transactions sans passer par les rails bancaires classiques. Pour les établissements dont le modèle repose sur les paiements, la compensation et l’intermédiation, la menace est directe.
À Davos, la tokenisation des actifs a été l’un des thèmes les plus discutés, bien au-delà des seuls stablecoins. Actions, crédit, produits structurés : de plus en plus d’actifs financiers sont candidats à une représentation on-chain.
Pour Armstrong, le risque pour les banques est clair. Un gestionnaire d’actifs ou une fintech pourrait demain proposer un accès direct à des titres tokenisés ou à des transferts en stablecoins, sans compte bancaire, sans délais de règlement et avec des coûts marginaux. Une désintermédiation pure et simple.
Il insiste également sur le potentiel global de cette évolution. Environ 4 milliards d’adultes dans le monde n’ont toujours pas accès à des produits d’investissement de qualité. La tokenisation pourrait ouvrir ces marchés, en réduisant les barrières d’entrée et en rendant les actifs fractionnables et accessibles à l’échelle mondiale. Armstrong anticipe des avancées majeures dès 2026.
Le PDG de Coinbase estime par ailleurs que le climat politique américain est en train de basculer en faveur de la crypto. Il décrit l’administration Trump comme la plus pro crypto au monde à ce stade, citant son soutien à des initiatives législatives visant à clarifier le cadre réglementaire.
Selon Armstrong, cette clarification est essentielle pour maintenir la compétitivité des États-Unis face à d’autres puissances qui investissent massivement dans les infrastructures liées aux stablecoins et aux paiements numériques. La réglementation n’est plus vue comme un frein, mais comme une condition nécessaire à l’adoption institutionnelle.
Autre point clé de son message : la convergence entre intelligence artificielle et crypto. Armstrong affirme que ce sont les deux technologies les plus discutées à Davos, et qu’elles sont appelées à fonctionner ensemble.
Dans un monde où des agents IA exécutent des tâches et des transactions pour le compte d’utilisateurs, les systèmes bancaires traditionnels apparaissent mal adaptés. Les stablecoins offriraient un moyen de paiement natif, programmable et mondial, sans frictions réglementaires ou opérationnelles excessives.
Le constat final d’Armstrong est sans appel. La crypto n’est plus un laboratoire expérimental. Pour certaines des plus grandes banques mondiales, elle représente désormais un concurrent stratégique direct, capable de remettre en cause leurs fondations économiques.
À Davos, le message est passé. La question n’est plus de savoir si la crypto va s’imposer, mais qui saura s’y adapter assez vite pour ne pas être relégué au second plan.
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Auteur : Alex LeRoux
Date de publication : 26 January 2026