L’Iran propose de vendre des armes contre des cryptomonnaies pour contourner les sanctions

L’Iran propose de vendre des armes contre des cryptomonnaies pour contourner les sanctions

L’Iran franchit un nouveau seuil dans l’utilisation des cryptomonnaies à des fins géopolitiques. Selon des documents analysés par le Financial Times, Téhéran propose désormais de vendre des systèmes d’armement avancés à des États étrangers en acceptant des paiements en crypto. Une initiative assumée, pensée pour contourner les sanctions financières occidentales qui étouffent les circuits de paiement traditionnels.

🚨 L’Iran propose d’utiliser la crypto pour vendre des systèmes d’armes avancés.L’offre, portée par le centre d’export du ministère de la Défense, vise à contourner les sanctions financières occidentales. pic.twitter.com/wvgMJnK4g0

Cette offre émane du Ministry of Defence Export Center, plus connu sous le nom de Mindex, l’organisme public chargé des ventes d’armes iraniennes à l’international. Depuis près d’un an, ses documents commerciaux indiquent que les règlements peuvent être effectués en cryptomonnaies, mais aussi via des accords de troc ou en rials iraniens.

Le catalogue proposé est loin d’être symbolique. Il inclut des missiles balistiques Emad, des drones Shahed, des navires de guerre de classe Shahid Soleimani, ainsi que des systèmes de défense aérienne à courte portée. Des armes déjà observées sur plusieurs théâtres de conflit, notamment via des groupes soutenus par l’Iran au Moyen-Orient, selon des rapports occidentaux et onusiens.

Si des États et des acteurs non étatiques ont déjà utilisé les cryptomonnaies de manière discrète pour contourner des restrictions financières, le cas iranien marque une rupture. Il s’agit de l’une des premières fois qu’un État affiche publiquement sa volonté d’accepter des actifs numériques comme moyen de paiement pour des équipements militaires stratégiques.

Le site de Mindex, accessible en plusieurs langues, revendique des relations commerciales avec 35 pays. Il précise également que certaines conditions d’utilisation des armes, notamment en cas de guerre avec un autre État, doivent être acceptées par l’acheteur, tout en restant « négociables ».

Le dispositif est structuré. Mindex opère via un portail en ligne et un chatbot dédié pour guider les acheteurs potentiels. Une section FAQ aborde frontalement la question des sanctions, affirmant que la politique générale de l’Iran permet d’exécuter les contrats sans entrave et d’assurer la livraison des équipements.

L’authenticité du site a été confirmée par plusieurs vérifications techniques. L’infrastructure est hébergée sur un cloud domestique iranien déjà sous sanctions américaines, et présenté par Washington comme proche des services de renseignement du pays.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large. Les États lourdement sanctionnés cherchent de plus en plus à utiliser les cryptomonnaies pour maintenir des flux commerciaux sensibles. Les autorités américaines ont déjà accusé l’Iran d’avoir recours aux actifs numériques pour vendre du pétrole et déplacer des centaines de millions de dollars hors du système bancaire classique.

En septembre, le Trésor américain a sanctionné plusieurs individus liés aux Gardiens de la révolution, accusés d’avoir mis en place un réseau de « shadow banking » basé sur les cryptos. La Russie a également été ciblée pour des pratiques similaires.

Cette révélation intervient alors que la pression diplomatique sur Téhéran s’intensifie, notamment autour de son programme nucléaire. À l’été, plusieurs puissances européennes ont enclenché un mécanisme visant à rétablir des sanctions internationales.

Pour la crypto, le message est brutal mais clair. Les actifs numériques ne sont plus seulement un outil financier alternatif ou spéculatif. Ils deviennent, pour certains États, une infrastructure stratégique permettant de contourner l’ordre financier international. Une évolution lourde de conséquences, tant pour la régulation que pour la perception politique de l’écosystème crypto.

Ce site et les informations qui y sont publiées ne constituent en aucun cas des conseils en investissement ni une incitation quelconque à acheter ou vendre des instruments financiers.

Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l'effet de levier. Entre 74 et 89 % des comptes de clients de détail perdent de l'argent lors de la négociation de CFD.

Vous devez vous assurer que vous comprenez comment les CFD fonctionnent et que vous pouvez vous permettre de prendre le risque élevé de perdre votre argent

Auteur : Alex LeRoux

Date de publication : 02 January 2026

Lire l'article original