Les actifs tokenisés dépasseront la DeFi, prédit Niklas Kunkel

Les actifs tokenisés dépasseront la DeFi, prédit Niklas Kunkel

Niklas Kunkel, fondateur de la plateforme de finance décentralisée Chronicle Labs et figure respectée de l’écosystème blockchain, affirme que la tokenisation des actifs réels (RWA) dépassera bientôt la DeFi en volume et en impact.

Selon lui, l’intégration d’actifs traditionnels, obligations, actions, biens immobiliers, dans l’univers blockchain représente la prochaine grande vague d’adoption.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les volumes de la DeFi stagnent, tandis que les projets de tokenisation se multiplient, portés par des acteurs comme JPMorgan, BlackRock et la Banque mondiale.

Kunkel y voit un changement structurel majeur, capable de redéfinir les priorités d’investissement et les stratégies de développement de l’industrie crypto.

Lors d’une conférence à Singapour, Niklas Kunkel a expliqué pourquoi les actifs tokenisés sont appelés à surpasser la DeFi.

« Les institutions financières comprennent la valeur de la blockchain, mais elles veulent des produits ancrés dans l’économie réelle », a-t-il déclaré.

Les chiffres appuient son point de vue. Selon Boston Consulting Group, le marché potentiel des actifs tokenisés pourrait atteindre 16 000 milliards de dollars d’ici 2030.

En comparaison, la valeur totale verrouillée (TVL) dans la DeFi stagne autour de 80 milliards de dollars depuis plusieurs mois, malgré des innovations constantes.

Kunkel souligne que les RWA offrent des rendements plus prévisibles et une exposition réglementée, attirant ainsi les investisseurs institutionnels.

Plusieurs initiatives illustrent cette tendance : JPMorgan a lancé un réseau blockchain pour le règlement d’obligations, tandis que BlackRock explore des ETF basés sur des portefeuilles tokenisés.

La Banque mondiale elle-même a expérimenté des obligations entièrement émises sur blockchain.

« La DeFi a ouvert la voie, mais les RWA apporteront la masse critique », insiste Kunkel, rappelant que la légitimité des actifs tokenisés repose sur leur conformité et leur utilité dans l’économie réelle.

L’essor des actifs tokenisés repose sur plusieurs facteurs convergents.

Premièrement, la réglementation évolue rapidement pour encadrer ces produits, notamment en Europe avec le règlement MiCA et aux États-Unis avec des projets de loi pro-tokenisation.

Deuxièmement, les RWA répondent à un besoin concret des marchés financiers : réduire les coûts de transaction et accélérer les règlements.

Troisièmement, la tokenisation élargit la base d’investisseurs, permettant un accès fractionné à des actifs autrefois réservés aux institutionnels. Par exemple, un bien immobilier de 10 millions de dollars peut être divisé en milliers de tokens, chacun échangeable librement sur un marché secondaire.

Enfin, la perception de risque est plus faible pour les RWA que pour les protocoles DeFi expérimentaux. Les investisseurs comprennent mieux la valeur sous-jacente d’une obligation ou d’une action que celle d’un jeton de gouvernance.

Kunkel note également que la DeFi, bien qu’innovante, souffre de cycles de boom and bust rapides et de failles de sécurité coûteuses.

« Les actifs tokenisés combinent la transparence de la blockchain avec la stabilité des marchés traditionnels », résume-t-il.

C’est cette combinaison qui pourrait inverser le rapport de force et placer les RWA au cœur de la prochaine phase de croissance du secteur crypto.

Si la prédiction de Kunkel se confirme, plusieurs scénarios sont envisageables.

Dans le plus optimiste, la tokenisation devient une norme bancaire mondiale d’ici 2030. Les bourses traditionnelles pourraient alors intégrer nativement des actifs tokenisés, brouillant la frontière entre finance centralisée et décentralisée.

Dans un scénario plus modéré, les RWA se développeraient surtout dans les niches institutionnelles, laissant à la DeFi son rôle d’innovation rapide et de laboratoire d’expérimentations.

Les réactions du marché sont déjà visibles : plusieurs exchanges crypto comme intègrent des paires RWA/USDC, tandis que des gestionnaires d’actifs testent des fonds hybrides mêlant obligations tokenisées et actifs numériques natifs.

Toutefois, des défis subsistent, notamment en matière de standardisation technique et d’interopérabilité entre blockchains.

Pour Kunkel, ces obstacles sont temporaires : « Les infrastructures s’adaptent toujours aux besoins des marchés. Le potentiel est trop important pour être ignoré ».

La vision de Niklas Kunkel met en lumière un basculement stratégique dans l’industrie blockchain. Alors que la DeFi a révolutionné la finance numérique, les actifs tokenisés pourraient en redéfinir l’ampleur et l’impact.

Leur adoption par les institutions financières pourrait ouvrir un marché colossal, capable d’attirer de nouveaux investisseurs tout en rapprochant la blockchain de l’économie réelle.

Source :

Auteur : Berthold

Date de publication : 11 August 2025

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